Le Pape François à Cuba – Rencontre avec les familles à Santiago de Cuba

Cité du Vatican, 23 septembre (VIS). Le Saint-Père a quitté le sanctuaire del Cobre pour regagner Santiago où, dans laquelle il a rencontré une délégation de familles cubaines. Voici les passages majeurs de son discours: « Nous sommes en famille et grâce à vous les familles cubaines, je me sens chaque jour en famille… Cette rencontre avec vous est comme la cerise sur le gâteau de mon séjour ». Après avoir remercié un couple ayant « eu le courage de partager avec nous leurs aspirations et leurs efforts pour faire de leur foyer une Eglise domestique », le Pape est revenu sur les noces de Cana, une épisode de la vie de Jésus qui correspond à la fête d’une famille: « Le mariage est un des moments majeurs dans la vie de beaucoup de personnes… Jésus commence donc sa vie publique à la faveur d’un mariage. Il s’insère dans cette histoire de semences et de récoltes, de rêves et de recherches, d’efforts et d’engagements, de travaux ardus qui ont labouré la terre pour que celle-ci donne son fruit. Jésus commence sa vie dans une famille, dans un foyer. Et il est au cœur de nos foyers où constamment il continue de s’insérer, d’être partie prenante… Pour lui, manger avec des gens divers et visiter des maisons a été un mode privilégié pour faire connaître le projet de Dieu… Il n’était pas sélectif, et peu lui importe si ses hôtes sont publicains ou pécheurs, comme Zachée. Non seulement il agissait ainsi, mais en envoyant ses disciples annoncer la bonne nouvelle du Royaume, il leur disait de rester dans la maison qui les accueillait, de manger et boire tout ce qu’on leur servait. Mariages, visite dans des familles, dîners, ces moments avaient certainement quelque chose de spécial dans la vie des personnes pour que Jésus les choisisse… Beaucoup de familles n’ont que le dîner pour se retrouver…, le soir, après le travail, et lorsque les enfants ont terminé leurs devoirs. C’était un moment spécial de la vie familiale ». A la maison « nous sommes ce que nous sommes et, d’une manière ou d’une autre, nous sommes invités à chercher le meilleur pour les autres. C’est pourquoi la communauté chrétienne définit la famille une Eglise domestique. Dans la chaleur du foyer, la foi imprègne chaque coin, illumine chaque espace, construit la communauté. Car en ces moments, c’est comme si les personnes apprenaient à découvrir l’amour concret et agissant de Dieu. Dans beaucoup de cultures, aujourd’hui, ces espaces disparaissent progressivement… Or sans famille, sans la chaleur du foyer, la vie devient vide. Les réseaux, qui nous soutiennent dans l’adversité, nous alimentent dans la vie quotidienne et motivent la lutte pour la prospérité, commencent à manquer. La famille nous sauve de…la fragmentation comme de la massification. Dans les deux cas, les personnes deviennent des individus isolés, faciles à manipuler et à gouverner. Des sociétés divisées, cassées, séparées ou très affectées par le phénomène de masse sont une conséquence de la rupture des liens familiaux, lorsque se perdent les relations qui nous constituent comme personnes, qui nous enseignent à être des personnes. La famille est école d’humanité, qui enseigne à avoir à cœur les besoins des autres, à être attentif à la vie des autres. Malgré tant de difficultés…les familles ne sont pas un problème, elles sont d’abord une chance, une opportunité que nous devons préserver, protéger, accompagner ».

« L’on discute beaucoup sur l’avenir, sur le monde que nous voulons léguer aux nouvelles générations et sur la société que nous voulons pour nos enfants… Laissons un monde avec des familles. Certes, il n’existe pas de famille parfaite, il n’existe pas d’époux parfaits, de parents parfaits ni d’enfants parfaits, mais cela n’empêche pas que c’est la réponse pour demain. Dieu nous incite à l’amour et l’amour engage toujours la personne qui aime. Par conséquent, prenons soin de nos familles, véritables écoles de demain. Prenons soin de nos familles, véritables espaces de liberté. Prenons soin de nos familles, véritables centres d’humanité. Je ne saurais terminer sans faire mention de l’Eucharistie. Vous avez dû vous rendre compte que Jésus veut utiliser comme lieu de son mémorial, un repas. Il choisit comme espace de sa présence parmi nous un moment concret de la vie familiale. Un moment vécu et que tous peuvent comprendre, le dîner. L’Eucharistie est le repas de la famille de Jésus, qui par toute la terre se réunit pour écouter sa Parole et se nourrir de son Corps. Jésus est le Pain de Vie de nos familles… Dans quelques jours, je participerai avec les familles du monde entier à la Rencontre Mondiale des Familles et, dans moins d’un mois, au Synode des Evêques, qui a comme thème la Famille. Je vous invite à prier spécialement à ces deux intentions, pour que nous sachions tous nous aider à prendre soin de la famille, pour que nous sachions continuer à découvrir l’Emmanuel, le Dieu qui vit au milieu de son Peuple en faisant des familles son foyer ». Remerciant les cubains de leur accueil chaleureux, le Saint-Père a enfin insisté sur la place et l’importance des grands parents au sein des familles.