La lettre des quatre cardinaux au pape sur Amoris Laetitia « faire la clarté »

InfoCatho 15 novembre 2016 – Jean-Marie Vaas

C’est le site bien informé de Sandro Magister qui relate la lettre de quatre cardinaux qui exposent leur dubia sur certaines affirmations contenues dans Amoris Laetitia. Ils demandent au Siège Apostolique « de résoudre ces doutes qui sont à l’origine du désarroi et de la confusion ». Pour les quatre cardinaux, ce geste « est donc un acte de justice et de charité ». En effet, ils demandent notamment au successeur de Pierre de confirmer la foi de ses frères :

“ De justice : en prenant cette initiative, nous professons que le ministère pétrinien est le ministère de l’unité et que c’est à Pierre, c’est-à-dire au Pape, qu’incombe le service qui consiste à confirmer dans la foi.

C’est aussi un acte de charité :

“ De charité : nous voulons aider le Pape à prévenir des divisions et des oppositions au sein de l’Église, en lui demandant de dissiper toute ambigüité.

Hélas, comme on a pu le voir, les confusions se répandent à une grande vitesse. Mais c’est la mission du pape d’y mettre fin, parce qu’il a, justement, le pouvoir des clés.

Enfin, les cardinaux rappellent leur « mission qui est d’aider le pape dans gouvernement de l’Eglise universelle » :

“ Nous avons également rempli un devoir précis. D’après le Code de droit canonique (canon 349), la mission d’aider le Pape dans le gouvernement de l’Église universelle est confiée aux cardinaux, y compris lorsqu’ils agissent individuellement.

Le pape n’a pas répondu à cette demande : on peut interpréter son silence comme un appel à une franche discussion. Après tout, François a bien indiqué qu’il ne répugnait pas à cette voie.

“ Le Saint-Père a décidé de ne pas répondre. Nous avons interprété cette décision souveraine qu’il a prise comme une invitation à continuer cette réflexion et cette discussion calme et respectueuse.

Et par conséquent nous informons de notre initiative tout le peuple de Dieu, en lui proposant toute la documentation.

Nous voulons espérer que personne n’interprétera cette démarche en fonction du schéma “progressistes-conservateurs”, ce qui serait complètement erroné. Nous sommes profondément soucieux du véritable bien des âmes, qui est la loi suprême de l’Église, et non pas de faire progresser au sein de l’Église une quelconque forme de politique.

Nous voulons espérer que personne ne nous considérera injustement comme des adversaires du Saint-Père ni comme des hommes dépourvus de miséricorde. Ce que nous avons fait et que nous sommes en train de faire est inspiré par la profonde affection collégiale qui nous unit au Pape et par notre souci passionné du bien des fidèles.